Suite au déclassement du loup de « strictement protégé » à « protégé » au niveau du droit européen, l’État français projette d’aligner ses textes de lois au même niveau.
Ce choix politique, démagogique, sans fondement scientifique, est une preuve que la France souhaite entrer officiellement dans un système de régulation de l’espèce.
Le gouvernement a aussi annoncé vouloir mettre en place un nouveau régime dérogatoire de tirs qui libéralisera largement les possibilités de destruction : plus besoin d’autorisations préfectorales, ni de condition préalable = pas de nécessité de protection des troupeaux, ni d’évaluation des dommages. Concrètement, cela revient à ouvrir une véritable chasse au loup.
Comme si cela ne suffisait pas, il est envisagé aussi d’alléger les sanctions pour les destructions illégales, qui pourraient devenir de simples contraventions au lieu de délits. Cette politique vise délibérément à réduire la présence du loup sur notre territoire, au mépris du patrimoine naturel et des engagements internationaux de notre pays au titre de la Convention de Berne et de la Directive Habitats, qui imposent de garantir un état de conservation favorable de l’espèce malgré son déclassement désormais acté.
Alors, en France, comment ne pas s’attendre à des abattages massifs incontrôlés ?
Signer la pétition éditée par La Relève et la Peste

Pourtant, la population des loups en France stagne
Une étude récente commandée par l’État lui-même* montre que la population de loups en France stagne depuis trois ans. On identifie même une possibilité de décroissance puisqu’il y est indiqué que le « seuil de mortalité supportable » de l’espèce est déjà atteint.
Les européens veulent protéger le loup
Une enquête européenne a en outre été menée en 2023 sur les perceptions des communautés rurales concernant la coexistence avec les grands carnivores. Il en ressort que plus des deux tiers (68%) de la population des zones rurales estime que les loups devraient être strictement protégés. Près des trois quarts de ces citoyens (72%) reconnaissent aussi que l’espèce a le droit d’exister dans l’Union européenne**.
Loups en danger : il faut agir MAINTENANT !
Nous, associations membres du collectif Cap Loup, demandons :
- Une gestion équilibrée, fondée sur la prévention et la protection des troupeaux, plutôt que sur la multiplication de tirs qui a de grandes chances de marquer un coup d’arrêt dans le développement de la population lupine, selon plusieurs études ;
- La prise en compte systématique des données scientifiques les plus récentes sur l’évolution de la population lupine française et européenne ;
- Le renforcement des sanctions en cas de destruction illégale ou d’incitation à destruction ;
- L’obligation à effectuer des tirs d’effarouchement, comme prévu dans le Plan National Loup et activités d’élevage, avant tout tir létal ;
- De stopper les tirs létaux systématiques, en particulier dans les départements de présence nouvelle de l’espèce, afin d’y privilégier les moyens de protection des troupeaux et l’effarouchement ;
- De mettre en place l’expérimentation de nouvelles techniques d’effarouchement ;
- Le retour à l’autorisation des tirs létaux seulement si des moyens de protection qui ont fait leurs preuves sont mis en place par les éleveurs : clôtures électriques, chiens de protection et présence humaine ;
- De mettre en place un véritable accompagnement anticipé et renforcé des éleveurs d’ovins, caprins, mais également bovins et équins dans les nouveaux territoires de présence du loup, seule solution pour prévenir efficacement les dommages, comme nous le réclamons depuis longtemps ;
- De favoriser le développement et le financement de programmes de cohabitation entre les éleveurs et le grand prédateur ;
- De prendre des mesures concrètes pour protéger les loups et assurer une meilleure coexistence avec l’élevage en France ;
Cette pétition sera remise :
- Au Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
- A la Ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, chargée de la Mer et de la Pêche
- Au Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Sources :
* « État de conservation du loup en France », Mise à jour 2025 de la viabilité démographique de la population sous régime de tirs dérogatoires, 10 septembre 2025, OFB/MNHN, Rapport sur saisine ministérielle du 04 décembre 2024.
** Attitudes et perceptions à l’égard des loups et de leur conservation