CAP Loup (pas très bien) reçu au ministère de l’écologie

Voilà neuf mois que CAP Loup demande à rencontrer la ministre de l’écologie, Ségolène Royal. Notre collectif vient enfin d’être reçu au ministère, non pas par la ministre, mais par son conseiller. A la surprise des représentants de CAP Loup venus spécialement à Paris ce jour-là pour le rencontrer, celui-ci dut s’absenter pendant l’essentiel de la réunion, ne leur accordant que quelques minutes d’entretien.

Nos associations écrivent donc une nouvelle fois à la ministre pour solliciter une rencontre. Ce courrier est le sixième envoyé depuis juillet 2014 (voir notre actualité du 16 mars). Nos associations continueront à solliciter Ségolène Royal jusqu’à obtenir un rendez-vous.

Vous pouvez nous aider !

Continuez à diffuser le plus largement possible la pétition de CAP Loup destinée à Ségolène Royal.
Merci à tous.

Le courrier de CAP Loup à Ségolène Royal

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Madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Hôtel de Roquelaure, 246 Boulevard Saint-Germain
75007 PARIS

Crest, le 13/04/2015

 

Lettre recommandée AR et Télécopie 01 40 81 73 69
Objet : Renouvellement d’une demande d’audience

 

Madame la Ministre,

Cela fait neuf mois que nous sollicitons de votre part une rencontre, afin de vous présenter nos propositions pour favoriser l’indispensable cohabitation entre le loup et le pastoralisme, et afin de vous remettre en main propre une pétition ayant désormais recueilli plus de 63000 signatures en faveur d’une meilleure protection du loup. Nous vous avons adressé cinq courriers en ce sens depuis juillet 2014. En réponse, vos services nous ont accordé un entretien avec votre conseiller Vincent Jechoux, qui a eu lieu ce 9 avril au ministère.

Après que cette réunion a été reportée deux fois, dont une au dernier moment, nous sommes surpris de constater la façon dont elle s’est déroulée. En effet, quelques minutes après le début de la rencontre, M. Jechoux a dû s’absenter très longuement, pour ne revenir nous accorder ensuite qu’une quinzaine de minutes d’entretien. Ces circonstances étonnantes et ce peu de temps accordé ne nous ont pas permis de détailler nos propositions auprès de votre conseiller. Nous renouvelons donc pour la sixième fois notre demande d’audience.

Madame la Ministre, la gestion actuelle du dossier « loup » est menée avec une volonté manifeste de limiter le retour naturel de l’espèce, par des tirs qui ne règlent pas les problèmes de prédation sur les troupeaux domestiques, et qui sont ordonnés pour tenter de satisfaire des lobbies agricoles et cynégétiques. Les problèmes du manque d’adaptation du pastoralisme à la présence des prédateurs naturels, ainsi que les difficultés profondes et plus générales de la filière ovine, doivent être appréhendés sans sacrifier la présence d’une espèce dont la recolonisation naturelle est encore très lente dans notre pays.

Dans le cadre de la directive européenne Habitat, la France s’est engagée à maintenir l’espèce en bon état de conservation dans son aire de répartition naturelle. Or le loup n’occupe actuellement qu’une très faible proportion des zones favorables du territoire où il était autrefois présent. Il serait donc pertinent de favoriser son retour naturel en l’accompagnant par des mesures permettant la cohabitation avec les activités humaines, plutôt que de chercher à réduire sa population encore faible.

Madame la Ministre, vous devez savoir que nos concitoyens sont très attachés à la présence du loup en France, comme l’a montré le sondage IFOP réalisé en septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice qui montre que 79% des Français sont favorables à sa présence dans notre pays, y compris les ruraux.

Malgré cette forte demande des Français, malgré le caractère encore fragile de l’espèce dans notre pays, et malgré l’intérêt de la présence du loup pour des secteurs économiques clefs en zone rurale que sont le tourisme et la sylviculture, vous avez décidé de faire chasser le loup.

Dans l’attente de vous rencontrer afin de vous faire part de nos aspirations pour le respect de la faune, de la vie sauvage et de l’indispensable cohabitation loup/pastoralisme, au nom des 31 associations réunies dans CAP loup, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Les associations de CAP Loup

 

mini-logo_pdfTéléchargez le courrier de CAP Loup du 13 avril 2015 à Ségolène Royal